Cela faisait longtemps que je n’avais pas été impressionné par un domaine viticole! Pour pouvoir travailler avec des domaines lors de mes tours guidés, je regarde toujours le trio gagnant comme suit:

1) un domaine présentable
2) des gens accueillants
3) du vin bien fait – et bon, par conséquent!

C’est ce qu’on cherche tous, en réalité, lorsque l’on va visiter un domaine… mais vous ne vous rendez pas compte comme il est difficile de cocher ces trois cases en même temps… soit le caveau est un peu rustique, soit les vignerons n’ont pas le temps de s’occuper de vous (ce qui se comprend, vu le travail qu’ils ont à faire!), soit le vin ne fait pas l’unanimité, pour être gentil.

J’ai vu de beaux caveaux et de belles parcelles de vignes en France, que ce soit dans le Bordelais, en Bourgogne, en Alsace, ou dans le Sud. Mais un domaine comme celui-ci… c’est d’un tout autre niveau.

Où est-ce?

Situé à une petite quinzaine de kilomètres au sud-ouest d’Angers, on traverse des champs et quelques vignes; et puis, lorsque vous apercevez la pancarte “Nicolas Joly, Savennières, La Coulée de Serrant”, c’est là que la magie à la Walt Disney commence.

Walt Disney disait: “Je ne veux pas que les gens voient le monde dans lequel ils vivent lorsqu’ils sont dans le Parc (Disney). Je veux qu’ils se sentent dans un autre monde”.

Et là, c’est tout à fait la même chose. A gauche, à droite, des vignes magnifiques de Chenin Blanc, un monastère du XVème siècle en contre-bas (c’est les moines cisterciens qui ont construit ce même vignoble au XIIème siècle!), une allée de 400 mètres vous menant au parking devant leur Château digne des Grands Crus de 1855.

On se retrouve dans leur caveau qui est le sous-sol du Château, avec Virginie Joly, la fille du fameux Nicolas Joly et actuelle vigneronne. Il est midi, le caveau ferme normalement pour le déjeuner, mais une certaine chaleur apparait dès les premiers échanges. Le temps semble s’être arrêté dans ce coin si paisible. On parle de technique viticole, d’amour pour la biodynamie tout en dégustant les 3 cuvées, toutes en Chenin Blanc.

Les vins

La première cuvée de Nicolas Joly, en appellation Savennières, s’appelle les Vieux Clos. Rafraichissant et très jeune, c’est un vin très agréable porté sur les agrumes (je me souviens de la note de pamplemousse qui languissait). Un vin légèrement trop cher (37 euros) pour ce qu’il représente à mon goût.

Le vin suivant, en appellation Savennières Roche aux Moines (ils sont 8 producteurs en tout dans cette appellation, donc il est facile de s’entendre entre eux pour améliorer le cahier des charges), est le Clos de la Bergerie. Un vin qui donne tout de suite des aromes de noix et noisette, ce qui est intéressant pour un Chenin Blanc si jeune (j’ai goûté le 2018). Comme s’ils avaient procédés délibérément à une oxygénation… mais le fruit reprenait dessus au palais: vin très intéressant à mon sens. Mais encore une fois, à 43 euros la bouteille sur internet, il faut être enamouré de l’endroit pour sortir le portefeuille sur ce vin, car personnellement je préfère débourser ces sommes sur des beaux Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée, Côte-Rotie ou Hermitage.

En revanche, le dernier vin, c’est le bonheur absolu! Du gras, de la crème, une superbe onctuosité, une complexité rare et une superbe longueur en bouche… voilà pourquoi on est venu. La fameuse Coulée de Serrant.

Qu’est-ce qu’une Coulée?

C’est une vallée perpendiculaire à la vallée principale de la Loire dont la formation résulte d’une érosion plus intense des roches tendres qui la composent. La coulée est entourée de plateaux consitués de roches dures peu érodées d’où cette topographie particulière. Les coteaux bordant les coulées présentent des conditions de sol et de climat exceptionnelles avec des brumes ascendantes de la Loire en fin d’été qui favorisent le mûrissement du raisin.

Et Nicolas Joly a le monopole sur cette appellation interne à Savennières! C’était donc un plaisir immense de pouvoir goûter ce terroir unique, d’autant plus que Virginie m’a fait goûter leur 2007 également, afin de comprendre l’évolution dans le temps de leurs vins. Et le 2007 ressemblait vraiment à un Quarts de Chaume de chez Florent Baumard, ces vins liquoreux qui regorgent de plus de 140 grammes par litre de sucre… sauf qu’ici, il n’y a que 2 grammes par litre, donc bien meilleur pour la santé!

Le botrytis attaque bien ici le raisin, ce champignon qui vient “pourrir” le raisin, mais seulement à hauteur de 10-15%, bien moins que dans les Côteaux du Layon par exemple. Le 2007 avait donc des notes d’abricot sec, de miel, ces aromes de l’âge typiques, avec tout autant de longueur, si ce n’est plus, que le 2018. Un vin mémorable dont je n’ai pas hésité une seconde à me procurer 4 caisses malgré le prix de 75 euros par bouteille en magasin.

Un moment inoubliable

Après la dégustation, je souhaitais filmer le domaine, prendre un souvenir de ce moment, mais j’étais quelque peu intimidé devant la grandeur du lieu. C’est là qu’une voiture approche, un homme descend la fenêtre et me dit: “Vous devriez prendre le temps de visiter le domaine, son allée de cyprès, la Coulée, c’est une belle balade! N’hésitez pas à prendre votre temps”. Cette fois c’est sûr, les 3 cases du partenaire vigneron idéal étaient cochées.

Nous irons donc lors du 6ème jour de nos tours en Anjou chez eux, si cela vous tente!

Si vous souhaitez vous procurer quelques bouteilles de ce domaine à des prix plus intéressants que les prix mentionnés ci-dessus, laissez-moi un message et je vous indiquerai la procédure à suivre!

 

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